Papier stratégique n°4 : Les usines à gaz et le mythe du 80/20

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Article original: Strategy Letter IV: Bloatware and the 80/20 Myth
Date de publication: 12 juin 2002
Traducteur: Ralph Chaléon, Boris Fontaine
Vérifié par: Non-communiqué
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A la fac, j'ai suivi deux cours d'introduction à l'économie: macroéconomie et microéconomie. Le cours de macro était plein de théories genre «un taux de chômage élevé est cause d'inflation» qui se vérifient rarement en pratique. Par contre, la micro était à la fois cool et utile. On y parlait de plein de concepts intéressants au sujet des les relations entre offre et demande, et qui pour le coup fonctionnaient vraiment. Par exemple, si les prix d'un de vos concurrents baissent, la demande pour votre produit va diminuer à moins que vous ajustiez vos prix en conséquence.

Dans l'article d'aujourd'hui, je vais vous montrer comment un de ces concepts explique bien des choses à propos de quelques sociétés informatiques connues. En roulant ma bosse, j'ai constaté un fait intéressant à propos du logiciel libre : la plupart des sociétés qui dépensent beaucoup d'argent pour développer des logiciels libres le font car c'est pour eux une excellente stratégie commerciale, et non parce qu'ils ont subitement cessé de croire au capitalisme pour tomber amoureux de la liberté.

Chaque produit sur le marché a des produits de substitution et des compléments. Un produit de substitution est un produit que l'on pourrait acheter lorsque le produit considéré est trop cher. Le poulet est un substitut du boeuf. Si vous êtes un éleveur de poulet et que le prix du boeuf augmente, les consommateurs vont vouloir plus de poulet et vous allez en vendre plus.

Un complément est un produit que l'on achète en général en association avec un autre. L'essence et les voitures sont compléments l'un de l'autre. Le matériel informatique est un complément classique des systèmes d'exploitation informatiques. Et les gardes d'enfants sont un complément aux dîners dans les restaurants chics. Dans une petite ville, lorsque le restaurant trois étoiles du coin fait un menu "deux pour le prix d'un" à l'occasion de la St-Valentin, les gardes d'enfants doublent leur tarif. (En réalité, celles de neuf ans se retrouvent enrôlées de force.)

Toutes choses restant égales par ailleurs, la demande pour un produit augmente lorsque le prix de ses compléments diminue.

Je me répète au cas où vous n'auriez pas fait attention, parce que ceci est important. La demande pour un produit augmente lorsque le prix de ses compléments diminue. Par exemple, lorsque le prix du billet pour Miami diminue, les réservations de chambres d'hôtel à Miami augmentent -- parce qu'il y a plus de gens qui vont à Miami et qui ont besoin d'une chambre. Lorsque le prix des ordinateurs diminue, les acheteurs sont plus nombreux et ces gens ont tous besoin d'un système d'exploitation; donc la demande augmente, ce qui veut dire que le prix des systèmes d'exploitation peut augmenter.

A ce stade, il est fréquent que les gens cherchent à noyer le poisson en disant, "eh eh, mais Linux est GRATUIT!" OK. Premièrement, sachez qu'un prix, du point de vue d'un économiste, inclut des dépenses intangibles telles que le temps pour le paramétrage, la formation des gens impliqués et la conversion des procédés existants, cet ensemble d'éléments que l'on appelle le "coût total" ou en anglais "total cost of ownership".

Deuxièmement, en utilisant l'argument de la gratuité, ces avocats essaient de se persuader qu'ils échappent aux lois économiques parce qu'ils ont en leur faveur un beau zéro qu'ils peuvent multiplier par ce qu'ils veulent. Voici un exemple: lorsque Slashdot a demandé au développeur de Linux Moshe Bar si les futures distributions du noyau Linux seraient compatibles avec les périphériques matériels actuels, ce dernier a répondu qu'elles n'en avaient nul besoin. «Le logiciel propriétaire coûte entre 50 et 200 $US par ligne de code déboguée. Un tel coût ne s'applique pas au logiciel libre.» Moshe poursuit en affirmant qu'il est acceptable pour chaque version du noyau Linux de rendre l'ensemble des pilotes de périphériques obsolètes, parce que le coût de réécriture de ces pilotes est nul. Ceci est complètement faux. En gros, il affirme que passer un peu de temps sur le noyau pour assurer une compatibilité ascendante est équivalent au fait de passer énormément de temps à réécrire chaque pilote parce que ces durées sont multipliées par leur «coût», qu'il pense être nul. Ce commentaire fallacieux ne pourrait séduire que le premier venu. En réalité, les milliers ou millions d'heures nécessaires pour mettre à jour tous les pilotes de périphériques vont inévitablement représenter une dépense. Et le temps que cela soit fait, Linux va une fois de plus être handicapé à cause de son inaptitude à fonctionner avec les périphériques matériels offerts sur le marché. Ne serait-il pas mieux de consacrer toutes ces heures de développement «gratuit» pour améliorer Gnome? Ou pour piloter de nouveaux périphériques?

Déboguer N'EST PAS gratuit, que le logiciel soit propriétaire ou libre. Même si aucune somme proprement dit n'est dépensée pour ce faire, il en coûte en opportunités et en temps. Il n'y a qu'un nombre fini de volontaires disponibles pour développer du logiciel libre, et chaque projet entre en compétition avec les autres pour l'utilisation de ces ressources de développement. Dans ce contexte, il n'y a que les projets les plus attrayants qui disposent de plus de développeurs volontaires qu'ils ne leur en faut. En résumé, je ne suis pas tellement impressionné par les gens qui essaient de prouver des théories économiques démentielles au moyen d'arguments basés sur la gratuité de certains logiciels ; de mon point de vue cela revient à faire un erreur de division par zéro.

Le logiciel libre ne peut s'affranchir des lois de la gravité ou de l'économie. On a pu le constater avec Eazel, ArsDigita, l'ex VA Linux, et bon nombre d'autres essais. Mais on observe un phénomène que très peu de gens dans le monde du logiciel libre comprennent réellement: un grand nombre de très grosses sociétés présentes en Bourse, devant augmenter la valeur de leurs actions, investissent beaucoup d'argent pour soutenir le logiciel libre, généralement en y affectant des équipes importantes. Et c'est ce que le principe des compléments permet de comprendre.

Encore une fois : la demande pour un produit augmente lorsque le prix de ses compléments diminue. En général, l'intérêt stratégique d'une entreprise comporte une volonté de rendre le prix de ses compléments le plus bas possible. Le minimum théorique auquel un prix peut se stabiliser est celui d'un «bien courant» -- le prix qui résulte d'une concurrence féroce entre entreprises offrant toutes plus ou moins le même produit. Par conséquent :

Les entreprises intelligentes essaient de transformer leurs compléments en biens courants.

Si une entreprise peut faire cela, la demande pour ses produits va augmenter, et elle pourra vendre plus cher et gagner plus d'argent.

Lorsque IBM a mis au point l'architecture du PC, des composants standards ont été utilisés à la place de composants spécifiques, et IBM a pris soin de documenter rigoureusement les interfaces entre ordinateur central et composants dans le [révolutionnaire] "Manuel technique de l'IBM-PC". Pourquoi? Pour que les autres fabricants puissent se joindre à la fête. A partir du moment où vous vous conformez à l'interface, on peut utiliser vos produits dans un PC. Le but d'IBM était de transformer le marché du périphérique matériel en un marché de produits courants, puisqu'ils s'agit d'un complément du marché des PC. Ils y sont particulièrement bien parvenus. En peu de temps, une foultitude de sociétés avait rejoint le navire, proposant des cartes mémoires, des cartes graphiques, des imprimantes, etc. Des composants bon marché signifiaient une demande accrue pour les PC.

Lorsque IBM a négocié l'obtention de droits sur le système PC-DOS de Microsoft, cette dernière société a tenu à ne pas accorder de droits exclusifs sur son système. Ainsi, elle pouvait accorder la même license à Compaq, ainsi qu'aux centaines d'autres équipementiers qui avaient fait des clones de PC en toute légalité à l'aide de la spécification d'IBM. Le but de Microsoft était de transformer le marché des PC en marché de biens courants. Très vite, ce sont les PCs eux-mêmes qui sont devenus des biens courants, avec une baisse des prix et une augmentation de puissance constantes, et des marges serrées qui permettent à peine d'arracher des profits. La baisse des prix, bien sûr, stimule la demande. Une plus grande demande pour le PC a entraîné une plus grande demande pour son complément, MS-DOS. En principe, plus la demande pour un produit est grande, plus il rapporte de l'argent. C'est la raison pour laquelle Bill Gates peut acheter la Suède et pas nous.

Cette année, Microsoft essaie de refaire la même chose: leur console de jeux, la X-Box, utilise du matériel de PC courant plutôt que des composants spécifiques. La théorie (expliquée dans ce livre) était que la baisse du prix de la X-Box pouvait suivre celle des composants courants de PC qui deviennent moins chers d'année en année. Malheureusement, cela ne semble pas avoir marché: les prix des composants de PC ont déjà été réduits à des prix de biens courants, ce qui explique pourquoi le coût de fabrication de la X-Box ne baisse pas aussi rapidement que Microsoft l'aurait souhaité. Le second volet de la stratégie de Microsoft pour la X-Box est d'utiliser DirectX, une bibliothèque graphique permettant aux logiciels de fonctionner sur tout un éventail de puces graphiques et vidéo. Le but est ici de transformer la puce vidéo en produit courant, de façon à vendre plus de jeux, qui sont la réelle source de profits de ce marché. Et pourquoi les fabriquants de puces vidéos n'essaient-ils pas de transformer les jeux en produits courants, d'une manière ou d'une autre? C'est beaucoup plus difficile. Bien que le jeu Halo se vende comme des petits pains, on ne trouve pas vraiment ailleurs de substitut pour ce jeu. On ne va pas au cinéma avec l'intention de voir "Star Wars: l'attaque des clones", pour opter de plein gré pour un film de Woody Allen en guise de remplacement. Même si ce sont deux très bons films, ils ne se substituent pas l'un à l'autre. Alors, quel métier choisir, éditeur de jeux ou fabricant de puces vidéos?

Transformez vos compléments en biens courants.

Bien comprendre cette stratégie est particulièrement utile pour expliquer pourquoi tant de sociétés commerciales font de grosses contributions au monde du logiciel libre. Examinons quelques exemples.

Manchette: IBM dépense des millions dans le développement de logiciels libres.

Mythe: Ils le font parce que Lou Gerstner a lu le manifeste du GNU et s'est dit que finalement, il n'aimait pas le capitalisme.

Réalité: Ils le font parce qu'IBM est en train de devenir une société de conseil IT. Le conseil IT est un complément des logiciels d'entreprise. Donc IBM a besoin de transformer les logiciels d'entreprise en biens courants. Et la meilleure façon d'y parvenir est de soutenir le monde du logiciel libre. Vous devriez voir à quel point leur division Conseil IT gagne gros avec cette stratégie.

Manchette: Netscape fournit les sources de son Navigateur

Mythe: Il le font pour récupérer des contributions de code de la part des clients de cybercafés néo-zélandais.

Réalité: Il le font pour transformer leur navigateur Web en bien courant.

Ceci a été la stratégie de Netscape depuis le premier jour. On le voit en lisant leur tout premier communiqué de presse: le navigateur Web est gratuit. Netscape a rendu son navigateur Web gratuit pour pouvoir gagner de l'argent avec les serveurs. Navigateurs Web et serveurs sont des compléments classiques. Moins le navigateur Web est cher, plus on vent de serveurs. Cela n'a jamais été aussi vrai qu'en octobre 1994. (En fait, Netscape a même été surpris quand MCI a frappé à la porte pour leur proposer tellement d'argent qu'ils ont réalisé qu'ils pouvaient également faire de l'argent avec le navigateur Web. Ce n'était même pas requis par leur plan d'affaires.)

Lorsque Netscape a rendu le code source de Mozilla public et libre, c'était dans l'optique de tirer les bénéfices liés aux biens courants pour moins cher, puisque le développement du navigateur Web serait réalisé à un coût moindre.

Par la suite, AOL/Time Warner a acquis Netscape. Le logiciel serveur, supposé bénéficiaire de la banalisation des navigateurs Web, ne se portait pas vraiment bien et a été abandonné. Dans ces conditions, pourquoi AOL/Time Warner devrait-il continuer à investir dans le logiciel libre?

AOL/Time Warner est une société de divertissement. Ces dernières sont le complément des plate-formes de diffusion récréative de tous genres, incluant les navigateurs Web. L'intérêt stratégique de ce conglomérat géant est de transformer les moyens de diffusion récréative - les navigateurs Web - en biens courants que personne ne pourra vendre.

Mon argument est quelque peu mis à l'épreuve par le fait qu'Internet Explorer est également gratuit. Microsoft désirait également transformer les navigateurs Web en biens courants, pour pouvoir vendre plus de systèmes d'exploitation bureautique et serveur. Ils sont allés plus loin en proposant également un jeu de composants que tout le monde pouvait utiliser pour créer son propre navigateur Web. Neoplanet, AOL, and Juno ont utilisé ces composants. Etant donné qu'IE est gratuit, quel est l'intérêt pour Netscape de rendre leur navigateur Web "encore moins cher"? Il s'agit d'une mesure préventive. Il est vital pour eux d'empêcher Microsoft de détenir le monopole absolu du marché des navigateurs Web, même gratuits, parce qu'en théorie, cela pourrait permettre à Microsoft d'augmenter le prix du navigateur Web d'une manière ou d'une autre -- par exemple en augmentant le tarif de Windows.

(Mon argument est encore plus ébranlé parce qu'il est bien clair que les gens de Netscape du temps de Barksdale ne savaient pas exactement ce qu'ils faisaient. Une explication plus plausible serait que la direction générale de Netscape était techniquement inepte, et qu'elle n'avait pas d'autre choix que de suivre le plan ébauché par les développeurs. Ce n'est que par coïncidence que les développeurs, des mordus de l'informatique et non des économistes, sont tombés sur un plan qui allait servir leur stratégie. Mais laissons-leur tout de même le bénéfice du doute.)

Manchette: Transmeta embauche Linus, et le paye pour jouer avec Linux

Mythe: Ils l'ont fait pour se faire de la publicité. Aurait-on entendu parler de Transmeta sinon?

Réalité: Transmeta est un fabricant de processeurs. Le complément naturel d'un processeur est un système d'exploitation. Transmeta souhaite que les systèmes deviennent des biens courants.

Manchette: Sun et HP payent Ximian pour travailler sur Gnome.

Mythe: Sun et HP soutiennent les logiciels libres parce qu'ils aiment les bazars, pas les cathédrales.

Réalité: Sun et HP sont des fabricants de matériel; ils font des boîtes. Pour faire de l'argent avec les ordinateurs de bureau, ils ont besoin que les logiciels bureautiques, qui sont un complément des ordinateurs de bureau, deviennent des biens courants. Pourquoi ne pas utiliser le budget alloué à Ximian pour développer un système propriétaire? Ils ont essayé (Sun avec NeWS et HP avec New Wave), mais ces sociétés sont avant tout des équipementiers, avec des compétences embryonnaires en logiciel. Par conséquent, ce dont elles ont besoin, ce n'est pas de débourser de fortunes pour obtenir des droits d'exclusivité sur des logiciels de bureautique, mais de rendre ces derniers des biens courants bon marché. C'est pourquoi elles ont engagé les sympatiques développeurs de Ximian, à la manière de Sun qui a acheté Star Office et le distribue librement : pour transformer les logiciels en produits courants et faire plus d'argent avec le matériel.

Manchette: Sun crée Java; le nouveau système de pseudo-code binaire permet de «écrire une fois, exécuter partout»

La notion de pseudo-code binaire n'est pas nouvelle -- les programmeurs ont toujours essayé de faire en sorte que leur code s'exécute sur le plus de machines possible. (C'est comme cela qu'on banalise ses compléments). Durant des années, Microsoft a eu son propre compilateur de pseudo-code et sa couche d'interface graphique portable qui permet de faire tourner Excel sous Mac, Windows, OS/2 et sur des processeurs Motorola, Intel, Alpha, MIPS et PowerPC. Quark possède une couche qui permet d'exécuter du code Macintosh sous Windows. Le meilleur moyen de définir le langage C est de le considérer comme un assembleur indépendant du matériel. L'idée n'est pas neuve pour les développeurs.

Si votre code s'exécute n'importe où, cela transforme un peu plus le matériel en produit courant. Avec la chute des prix du matériel, le marché du logiciel s'étend (en laissant aux clients plus de budget pour acheter des logiciels dont les prix peuvent être plus élevés.)

L'enthousiasme de Sun pour WORA (Ndt: «Write Once Run Anywhere» -- Écrire une fois, exécuter partout) est, comment dire, étrange, dans la mesure où Sun est un fabricant de matériel. Transformer le matériel en produit courant est bien la dernière chose qu'ils souhaitent.

Ouuuuuuuuuuuuuuuuuuuuups!

Sun est le franc-tireur irresponsable de l'industrie informatique. Incapables de voir plus loin que leur crainte et que leur mépris pour Microsoft, ils adoptent des stratégies basées sur la haine plutôt que sur leur intérêt. Les deux stratégies de Sun sont (a) faire du logiciel un bien courant en finançant et en développant des logiciels libres (Star Office, Linux, Apache, Gnome, etc), et (b) faire du matériel un bien courant en promouvant Java, avec son système de pseudo-code binaire et WORA. Alors Sun, petite question-réponse pour vous: lorsque la musique s'arrête, où allez-vous vous asseoir? Sans les avantages de l'exclusivité sur le matériel et le logiciel, il faut vendre au prix du produit courant, lequel couvre à peine le tarif des usines bon marché de Guadalajara, et non celui de vos bureaux dernier cri de la Silicon Valley.

"Mais, Joel!" comme dirait l'autre, "Sun essaie de banaliser le système d'exploitation, comme Transmeta, pas le matériel." Peut être, mais le fait que le pseudo-code binaire de Java banalise également le matériel est un risque de dommage collatéral loin d'être négligeable.

Un fait important que vous pouvez tirer de tous ces exemples est qu'il est facile pour le logiciel de banaliser le matériel (il suffit d'écrire une petite couche d'abstraction, comme la HAL (Hardware Abstraction Layer) de Windows NT, qui est un tout petit bout de code), mais qu'il est extrêmement difficile de faire l'inverse. Le logiciel n'est pas interchangeable, comme est en train de l'apprendre l'équipe de commercialisation de StarOffice. Même si son prix était nul, le coût de la migration depuis MS Office ne le serait pas. Tant que ce coût de migration n'est pas nul, les logiciels de bureau ne sont pas des biens courants au plein sens du terme. D'ailleurs, même les différences les plus ténues rendent la migration difficile. Malgré le fait que Mozilla possède toutes les fonctionalités que je souhaite et que j'adorerais l'utiliser ne serait-ce que pour m'éviter de jouer à exterminer les annonces qui surgissent à tout moment, j'ai trop l'habitude de faire Alt+D pour accéder à la barre d'adresse. Croyez-moi, une toute petite différence suffit pour empêcher la banalisation d'un produit. Par contre, j'ai déjà retiré des disques durs d'un IBM pour les insérer dans un Dell et, wizzz, le système démarre normalement et tourne comme s'il était encore sur l'ancienne machine.

Amos Michelson, le PDG de Creo, m'a dit un jour que chaque employé de sa société devait suivre un cours de ce qu'il appelle «pensée économique». Excellente idée. Pourvu de simples rudiments de microéconomie, on peut déjà comprendre assez clairement certaines transformations fondamentales qui se produisent de nos jours.

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